Et le retour des sous-titres
Je suis bien conscient qu'il n'est pas stratégique du tout de commencer un billet en amenant le lecteur à aller lire ailleurs, aussi commencerai-je par saluer les nouveaux arrivants. Il m'est apparu en regardant les statistiques de Névrose Mondaine que le dernier billet a amené des curieux, soyez donc les bienvenus (oserais-je vous inviter à laisser une trace écrite de votre passage dans des commentaires quelquechose-structifs ?).
Dans l'un de ses billets, Titiou Lecoq, la charmante parisienne trentenaire écrivante, journaliste et recenseuse des différentes toilettes de par le monde, parle de sexe. C'est normal, c'est vendredi, et le vendredi chez Girls & Geeks, c'est le vendredi sexe. Dans son billet intitulé "les nouvelles règles amoureuses et sexuelles" Titiou aborde un sujet qui lui tient visiblement à cœur et qui fait monter les stats de blog: le sexe.
Mon problème c'est que, d'abord, le sexe, je n'en ai pas grand chose à en dire à part dire que je n'en ai pas grand chose à dire. Ensuite, si j'avais quelque chose à dire dessus que le reste du monde ignore, je ne le ferai sûrement pas ici. Ceci étant dit, le fait de ne pas écrire sur le sexe ne m'empêche pas du tout d'écrire sur ce qui s'écrit sur le sexe. Hé oui! Parce ce que ça, c'est pas du tout la même chose, ce qui s'écrit sur le sexe, ça fait complètement partie du champ d'étude du blog. Parce que s'il y a une chose dont on peut parler en société, ce n'est ni la politique, ni le salaire qu'on fait, ni la position religieuse que l'on a, mais c'est bien le sexe !
Titiou amène un point de vue tout à fait intéressant dans son billet. Elle dit en substance (je la citerai bien mais son site semble avoir des problèmes ) qu'avant, il était d'usage d'apprendre à se connaître, de former un couple et ensuite d'engager une activité plus charnelle et exclusive tandis que maintenant, c'est l'inverse. Maintenant pour utiliser ses termes, on baise. Après on se demande si on est en couple. Voire, on baise, et si on baise assez longtemps pour que les amis ne se posent plus trop la question avec qui on baise quand on baise, hé ben on est pas mal un couple.
La où je trouve sa réflexion très pertinente comme regard social, c'est quand elle se rapproche du regard de Foucault. Parce que Foucault a écrit un livre en trois tomes intitulés Histoire de la sexualité et dans le tome un, il s'interroge fortement sur la notion de répression. Titiou remarque que, même lorsque l'on revendique le droit d'avoir des relations sexuelles comme préliminaires à n'importe quelles autres relations, on ne fait que renverser un ordre social. Avant on commençait par la tendresse pour aller vers le sexe, mais maintenant, ce sont les sentiments qui sont cachés dans l'armoire magique et le sexe est la clef pour accéder au monde merveilleux de Narnia.
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| Lucy, Si tu es ici, c'est parce que tu as trouvé la clef pour...Euh...Mais c'est n'importe quoi ce blog ! |
"le discours critique qui s'adresse à la répression vient-il croiser pour lui barrer la route un mécanisme de pouvoir qui avait fonctionné jusque-là sans contestation ou bien ne fait-il pas partie du même réseau historique que ce qu'il dénonce ( et sans doute travestit) en l'appelant 'répression'?"
Pour appliquer cette question à la situation présente, cela revient à dire: "en revendiquant le droit à la sexualité en dehors d'un cadre social prédéfini tel que le couple, est-ce qu'on s'affranchit du couple ou est- qu'on l'établit encore plus comme norme?" La réponse tend à être la seconde conclusion. Car que l'on se libère du couple ou pas, c'est quand même lui qui est la norme. Même s'il devenait soudainement hors norme (car après tout, le dernier rempart à abolir dans notre société c'est un peu ça, il faudrait une polygamie asexués pour être vraiment affranchis de toutes contraintes), le couple est quand même la ligne sociale qui distingue les individus de la société. L'individu est en couple ou non. Après vient son genre, il est mâle ou femelle, dans un couple ou non, du même sexe ou non, etc...
Ce qui est éminemment passionnant, c'est de se poser la question (si tant est que l'on soit d'accord avec ce que je viens d'écrire): pourquoi le couple est-il à la base même de la structure sociale ? Personnellement, je suis trop subjectif pour pouvoir penser une société ou le couple ne serait pas l'un des éléments fondateurs de celle-ci et je me satisfais de la structure que nous avons actuellement. Mais le fait que certains refusent cela en essayant de le changer, sans se rendre compte qu'ils assurent ainsi le prolongement de ce qui est déjà en place, me fascine.


7 réactions:
je ne suis pas sûr qu'il soit tout récent que les hommes et les femmes "baisent" avant de se connaître.
Ton texte est très intéressant. Je pense que le couple et le travail sont les charnières de notre société. Mais je sais pas à quel niveau tout cela se tord de plus en plus...
Tout en assumant pleinement ma douce subjectivité, il me semble que la structure familiale est le véritable mètre-étalon de toute pensée sociale. Le couple ne doit son statut qu'en ce qu'il demeure une étape essentielle vers la famille.
Sur ce, je retourne changer une couche pleine de caca.
@Injektileur: Tout à fait, ce n'est pas nouveau. Ce qu'il se passe, c'est que le bon vieux café utilisé avant pour apprendre à connaître quelqu'un s'est transformé en "premier soir", pour voir si ça marche.
@Philou: Dis-moi, juste comme ça par hasard, avant d'avoir un fils, ta structure familiale était plutôt binaire non ? CQFD.
Je pense comme toi que le couple est à la base de notre structure sociale. Pour ce qui est de baiser avant ou après la tendresse... Je pense qu'il y a toujours eu deux écoles. C'est le mode de fonctionnement de certains mais pas de toutes et tous, il me semble qu'en fait actuellement on en parle davantage mais cette tendance à toujours existé bien avant qu'on nous laisse croire que c'est "la norme".
Dois-je comprendre que ton observation critique de la société t'amène à la déduction que ce n'est pas la norme de forniquer comme des croisés pillant un village d'Espagne en 1248 avant d'entrer dans une relation sérieuse?
Pour moi exactement, ça n'est pas la norme... En tout cas pas la voie de l'épanouissement sexuel et amoureux.
La structure de notre société est, je le crois aussi basé sur le couple, ou plutôt, je dirais la famille (comme l'indique Philou). S'affranchir de cette structure serait la fin de l'humanité.
La famille est la nature même d'une société humaine. Elle est au centre de ce qu'est un humain.
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